L'agriculture représente 30 % du PIB . La surface agricole cultivable est de 19 millions d'ha. La production agricole est essentiellement pluviale et vivriére. Elle est orientée vers l'autoconsommation.
Culture vivriére
Le mil et le sorgho : Le mil et le sorgho constituant la base de l'alimentation sont cultivés sur presque la totalité du territoire tchadien, à l'exception de l'extreme Nord trop aride.
Il s'agit de culture de subsistance. La production pendant la campagne l992~l993 se chiffre à 778 175 tonnes soit:
- 293 433 tonnes de mil
- 386 934 tonnes de sorgho
- 97 808 tonnes de berbéré
Le riz : Le riz est cultivé comme culture vivriére par une vingtaine de milliers de planteurs concentrés dans la vallée du logone et des zones d'innondation. L'Etat a réalisé un certain nombre d'aménagements mis en valeur par les paysans. Il s'agit des casiers A et B de Bongor, C de Doba et les périmétres irrigués du Chari-Logone. Ces aménagements permettent de réaliser de culture en deux cycles dans l'année.
la production de la campagne 1992/1993 est de 108 211 tonnes.
Le blé : Le blé est cultivé sur les polders du Lac et dans certains Ouadis du Kanem. La production est de 2 400 tonnes. Ce qui constitue une baisse considérable par rapport aux années de bonne pluviométrie.
Le maïs : Le maïs commence à intéresser de nombreux paysans. En quatre ans, la production a quadriplé grâce à lappui des ONC telles SECADEV, AFRICARE. On est passé de 19 171 tonnes en 1989 à 87 424 tonnes en 1993.
Arachide : La culture d'arachide ce développe dans au moins huit préfectures sur les quatorze. La production augmente sans cesse. Elle passe de 99 273 tonnes en 1986 à 223 764 tonnes en 1993 .
La grande partie de la production soudanienne est exportée vers les pays voisins.
Sésame : Le sésame est cultivé dans les régions sahalienne et soudanienne.
La production de sésame est passée de 13 220 tonnes pendant la campagne 1991-1992 à 16 325 tonnes pendant la campagne 92-93.
Cette production peut doubler en fonction du marché.
Oignon et Ail : La production d'oignon et d'ail est concentrée dans les régions du Ouaddaï du Mayo-Kebbi, du Kanem, Lac et aux alentours de N'Djarnéna.
La production d'oignon est évaluée à 45 000 T et celle dail se monte à 10 232 tonnes.
Outre le marché local qui consomme la plus grande partie, l'ail et l'oignon sont également exportés vers la RCA, le Congo, le Zaire et également vers l'Angola et la Guinée-Equatoriale.
Divers
Ces cultures sont complétées par une gamme assez large de cultures vivriéres. Il s'agit de Niébé, de légumes, de tubercules, de dattes, de pommes de terre, de pois de terre...
PRODUITS DE CUEILLETTE
Les produits de cueillette les plus connus sont la gomme arabique, les noix de karité, les grains de parkia bigloboza, les noix de balanites Egypciaka et l'algue bleue.
La Gomme Arabique
Le Tchad fait partie des premiers producteurs de gomme arabique dans le monde. Il est exporté en moyenne 3 500 tonnes par an. Trois qualités sont commercialisées
-le Kitir
-Le Talha
-L'Am-Sinéné.
Noix de Karité
Les noix de karité sont destinées à la fabrication de l'huile de cuisine, le beurre et la créme cosmétique.De faibles quantités sont exportées à l'état brut.
L'algue bleue (Spiruline)
L'algue bleue est collectée en bordure du Lac-Tchad et dans les Ouadis du Kanem. Elle est consommée localement. Bien que sollicitée sur le marché international, elle n'est pas encore commercialisée. Le procédé traditionnel de collecte entache négativement la qualité du produit. Des efforts doivent être faits pour rendre le produit exportable et compétitif.
CULTURE INDUSTRIELLE
Les principales cultures industrielles sont le coton, la canne à sucre et le tabac.
Le Coton occupe une place très importante dans l'économie nationale.
Il constitue la seule culture de rente et consomme l'essentiel des intrants importés (7000T d'engrais et 800 000 litres d'insecticide à peu près). Le coton procure 40 % des recettes d'exportation. La crise de la filière a inciter à une diminution de surfaces cultivées de 300 000 ha en 1970 à 200 000 ha en 1988. La superficie a légèrement augmenté en 1991/1992 soit 283 400 ha.
La production est en baisse, les trois dernières campagnes 1990/91 : 195 000 tonnes ; 1991/92 180 700 tonnes ; 1992/94 : 125 800 T
REFORME DU SECTEUR COTONNIER
La canne à sucre : Deuxième culture industrielle, la canne à sucre est exclusivement produite par la SONASUT. La récolte de la campagne 1988/1989 a porté sur une superficie de 3 506 ha irrigués par 33 pivots.
Le tonnage de cannes récoltées a atteint 260 000 tonnes pour une production record de 25 238 tonnes.
Le tabac : La production tabacole industrielle est localisée dans les sous-préfectures de Mbaibokoum, de Goré, de Doba, de Moundou rural et Bénoye. Elle concerne environ 2 000 planteurs.
DEVELOPPEMENT DE L'IRRIGATION
Les estimations sur le potentiel d'irrigation conduites à partir des analyses de sol varient entre 1,2 et 5 millions d'hectares. Le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) évalue la superficie irrigable à 335 000 ha en tenant compte des ressources en eau, dont 200 000 ha dans la zone sahélienne et 135 000 ha dans la zone soudanienne. D'autres estimations donnent des chiffres bien plus élevés. Ainsi, une étude de1976 montrait qu'après régularisation des écoulements par des barrages, 100 000 ha au Tchad (et 100 000 ha au Cameroun) pourraient être irrigués à partir du Logone et 400 000 ha à partir du Chari. A cela s'ajoutent 200 000 ha potentiellement irrigables à partir du lac Tchad. Ainsi, pour la seule zone soudanienne et les environs du lac Tchad, on arrive à un total de 700 000 ha. A ce dernier chiffre s'ajoutent le potentiel pour la zone sahélienne (135 000 ha) et le potentiel pour la zone saharienne. Bien qu'aucune quantification précise n'ait été faite, le chiffre de 100 000 ha pour l'irrigation de palmeraies dans la zone saharienne est souvent avancé. Le total pour le pays serait donc de 935 000 ha. Ce chiffre est cependant à considérer avec précaution car il ne tient compte ni de considérations environnementales, en particulier liées à la baisse du niveau du lac Tchad, qui n'autorisent pas un développement durable de l'irrigation sur toute la zone potentielle, ni de considérations liées au partage des ressources en eau entre les pays riverains du Logone et du lac Tchad.
Une première répartition des superficies avec contrôle de l'eau permet de distinguer:
•les surfaces équipées en maîtrise totale/partielle sous l'égide des organismes publics et parapublics depuis les années 1970 (9 250 ha), appelées grande irrigation;
•celles équipées en maîtrise totale par des organisations non gouvernementales (ONG) ou des communautés locales (730 ha au total), appelées petite irrigation;
•les surfaces bénéficiant d'un contrôle de l'eau plus traditionnel (bas-fonds, cultures de décrue et irrigation traditionnelle à partir de puits ou dans les oasis), qui sont généralement appelées irrigation traditionnelle. Ces superficies représentent 103 440 ha, mais elles peuvent varier fortement d'une année à l'autre car les superficies en cultures de décrue sont plus sensibles aux variations de la pluviométrie et du débit des rivières. De même, la superficie mise en culture dans les bas-fonds est fonction du niveau de la pluviométrie.
Une autre répartition, réalisée en 1989 et fondée sur le degré de maîtrise de l'eau, la méthode d'irrigation et les cultures domi-nantes, est présentée dans le tableau 4. Les systèmes équipés en maîtrise totale/partielle restent limités (14 020 ha), et ce sont les systèmes de décrue (78 000 ha) et la rizi-culture de bas-fonds (21 000 ha) qui sont prédominants au Tchad (figure 2). Environ 9 250 ha des périmètres équipés en maîtrise totale/partielle sont considérés comme des grands périmètres et 4 770 ha comme des petits périmètres (petit et/ou traditionnel) (figure 3).
Depuis 1989, les superficies équipées pour l'irrigation par pompage pour le compte des ONG ont fortement augmenté pour atteindre 990 ha en 1993, que ce soit pour le riz, le maraîchage ou les céréales. De même, les deux polders avec pompage avaient en 1994 une superficie de 450 ha équipés, contre seulement 250 ha en 1989. La superficie réellement irriguée sur ces polders en 1994 était de 372 ha, soit 83% du total équipé.
Pour les superficies rizicoles équipées en maîtrise totale de l'eau, la double culture est possible mais elle n'est pratiquée que sur 28% des surfaces. Le rendement actuel de paddy peut y atteindre 4,5 t/ha par saison avec fumure minérale (ou même plus de 6 t/ha dans certains périmètres comme ceux de Mara, Sagour, Midékhine), contre 2,5 à 3 t/ha sur un cycle avec engrais dans les superficies en maîtrise partielle avec irrigation gravitaire, et de 1,3 à 2 t/ha sur un cycle sans engrais dans les zones à aménagements sommaires et les bas-fonds durant les années favorables, sinon, 0,5 à 0,8 t/ha.
Les superficies en pompage pour le maraîchage et les arbres fruitiers ne sont que de 200 ha car à l'origine, elles avaient été équipées pour le riz et seule une partie de ces aménagements (environ 40%) a été récupérée par les agriculteurs. Sur le périmètre sucrier (3 300 ha), l'irrigation par aspersion est pratiquée (figure 4).
Les superficies irriguées à partir de puits où l'eau est remontée à l'aide de chadoufs (systèmes d'exhaure) ou de calebasses s'élèvent à plus de 2 000 ha. Cette irrigationtraditionnelle à partir d'une nappe peu profonde est surtout pratiquée dans la zone saharienne ou la zone sahélienne.
EVOLUTION DE LA GESTION DES RESSOURCES EN EAU
La politique de développement de l'irrigation dans les années 70 était fondée sur un objectif de sécurité alimentaire, avec de grands périmètres, mais de nombreuses surfaces équipées pour une irrigation en maîtrise totale se sont dégradées et nécessitaient une réhabilitation qui a commencé au début des années 1990. L'accent a été mis sur le développement de l'irrigation sur des petits périmètres irrigués, avec une implication plus importante des agriculteurs. Dans la zone sahélienne, de nombreuses recherches ont été menées pour diminuer la pénibilité du travail et augmenter la productivité des puits traditionnels.
La surface du lac Tchad qui était de 25 000 km2 en 1965 est tombée à 1 500 km2 en fin de saison sèche, lorsque les conditions climatiques se sont dégradées. L'altitude de la surface du lac aurait dans le même temps baissé de plus de 6 m. Des études scientifiques récentes ont montré que l'irrigation de 220 000 ha autour du lac Tchad dans les différents pays riverains, telle qu'elle est projetée pour l'an 2000 par les différents gouvernements riverains (dont 45 000 au Tchad), ferait baisser le niveau du lac de plus de 1 m en année de faible crue, ce qui poserait des problèmes pour le fonctionnement des périmètres d'irrigation, mais aussi de salinisation des terres, d'approvisionnement en eau potable et de maintien de l'écosystème.
ENVIRONNEMENT INSTITUTIONNEL
La Direction des ressources en eau du Ministère des mines et de l'énergie est responsable de la gestion et de l'exploitation des ressources en eau. La Direction de l'hydraulique et de l'assainissement (DHA) est chargée, avec ses services régionaux, du suivi des points d'eau permanents.
Les institutions qui sont concernées par l'irrigation sont les suivantes:
•Des services publics et parapublics à compétence étendue:
-le Bureau interministériel d'études et de programmation (BIEP), placé sous la tutelle du Ministère de l'agriculture et de l'environnement, est chargé d'harmoniser les politiques de développement rural des départements ministériels;
-le Département du génie rural et de l'hydraulique agricole (DGRHA) du Ministère de l'agriculture et de l'environnement est responsable du développement de l'irrigation, y compris la construction de périmètres à petite échelle, de barrages, de digues et l'installation de pompes;
-le Département de la production du Ministère de l'agriculture et de l'environnement gère les périmètres A et B de Bongor, tandis que le périmètre C est placé sous la tutelle directe de la Présidence;
-l'Office national de développement rural (ONDR) est l'organisme parapublic d'exécution des programmes de développement agricole. Il est en particulier chargé de la vulgarisation, de l'approvisionnement en facteurs de production et de l'octroi de crédits aux agriculteurs situés hors des périmètres parapublics;
-l'Office national de développement de l'horticulture (ONADEH) est chargé de développer les cultures horticoles et fruitières sur un certain nombre de petits périmètres.
•Des sociétés chargées de la gestion de certains périmètres comme:
-l'Office de mise en valeur de la plaine de Satégui-Daressia (OMVSD);
-la Société de développement du lac Tchad (SODELAC);
-la Société nationale du sucre (SONASUT).
Le Ministère de l'élevage et de l'hydraulique pastorale gère les projets d'approvision-nement en eau des troupeaux. |