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ECONOMIE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Depuis la prise en main de sa destinée politique par ses propres fils en 1960, le Tchad demeure un importateur net donc une économie fortement sensible à la conjoncture mondiale. Sa structure économique par secteur d’activités n’a pas beaucoup évolué, particulièrement en raison de faibles progrès réalisés par le Gouvernement en matière de réformes structurelles des entreprises publiques et parapubliques d’une part et d’autre part, du faible nombre de création de nouvelles industries enregistré dû à un environnement peu attrayant et aux autres facteurs connexes.
 La figure ci-dessous illustre la contribution moyenne des différents secteurs à la formation de la richesse nationale.

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Le secteur primaire

Le secteur primaire de l’économie tchadienne représente une part importante du PIB puisqu’il occupe près de 80% de la population totale. Avant l’ère pétrolière, le coton constituait la véritable activité économique du pays avec environ 400 000 exploitants. Sa production est malheureusement sujette à d’importantes fluctuations. En plus, la filière connaît une crise sans précédent depuis plusieurs années suite à la crise des cours mondiaux et aux difficultés structurelles que connaît la COTONTCHAD, opérateur exclusif et lourdement endetté. Cela a entraîné le retrait de nombreux paysans de la filière et un recul de la production.
L’élevage représente le deuxième poste d’exportations après le pétrole et constitue aussi un atout important de l’économie tchadienne. La filière emploie environ 40% de la population active et rapporte annuellement une centaine de milliards de FCFA à l’économie nationale. En effet, elle génère environ 27% des recettes annuelles hors pétrole.
Depuis 2003, le Tchad est devenu producteur/exportateur de pétrole brut avec la mise en exploitation des champs pétroliers de Doba. Les recettes du pétrole représentent environ 70% des recettes totales du Gouvernement pendant la période 2006-2009.  La production de pétrole a conduit à un accroissement remarquable du PIB par habitant.  En 2002, le PIB par habitant était estimé à 202 dollars US et il avait augmenté jusqu’à 755 dollars US en 2008 avant de baisser à environ 600 dollars US en 2009.
Les développements économiques récents montrent que le secteur primaire a représenté 56,6% du PIB en 2009 (24% en 2006)  dont 10,1 % pour l’agriculture, 9,8 % pour l’élevage, 2,4 % pour la sylviculture, la pêche et les mines et 34,3 % pour l’exploitation pétrolière.
Le secteur primaire présente de fortes potentialités en termes d’emploi (il absorbe environ 72% de la population active) et demeure le grand employeur de la main d’œuvre au Tchad.  Mais il faut souligner que l’emploi salarié ne concerne qu’une infime partie de la population active de ce secteur, notamment, le personnel de la branche pétrole. Tandis que l’auto emploi est la situation qui prévaut dans les branches agriculture, élevage et pêche.

Le sous secteur agricole

L'agriculture représente l’activité première au Tchad. La surface agricole cultivable est de 19 millions d'ha. La production agricole est essentiellement pluviale et est orientée vers l'autoconsommation. En effet la production agricole au Tchad est tributaire d’une pluviométrie irrégulière, qui décroit du sud au nord. La moyenne pluviométrique du pays (322 mm/an) est très peu représentative, du fait de la forte variabilité géographique des précipitations, qui s'accompagne d'une forte variabilité interannuelle. Le sud du pays reçoit entre 600 et 1 200 mm de pluie par an, permettant le développement d’une végétation qui va de la savane à la forêt tropicale. La zone sahélienne, au centre du pays reçoit des précipitations annuelles allant de 300 à 600 mm, favorisant le développement d’une végétation qui varie entre la steppe et la savane. Le nord du Tchad, sa zone saharienne, est arrosé annuellement par une quantité de pluie inférieure à 300 mm. Par ailleurs, le système de production agricole au Tchad est peu productif, car il est basé sur l’utilisation de la main-d’œuvre familiale et de moyens et techniques de production rudimentaires (houe, machette, charrue, etc.). A cela s’ajoute la perte de fertilité de certaines zones à vocation agricole sous l’effet du raccourcissement des jachères lié à la croissante demande urbaine résultant de la hausse démographique des populations des grandes villes du pays.  

Les céréales et les oléagineux
Il importe de noter que les céréales représentent l’essentiel de la consommation alimentaire des ménages tchadiens même si les tubercules et les produits de cueillette permettent parfois d’atténuer les bilans céréaliers en apparence intenables. Ils sont cultivés sur presque la totalité des terres cultivables du pays.  Les principaux céréales cultivés au Tchad sont le riz, le blé, le maïs, le mil penicillaire (ou le petit mil), le sorgho et le fonio. Les oléagineux produits principalement pour leur valeur commerciale sont l’arachide, le sésame et le haricot. Les deux premiers font l’objet d’importantes exportations vers le Nigéria et la République Centrafricaine.

Les produits de la cueillette
Les produits de cueillette les plus connus sont la gomme arabique, les noix de karité, les grains de parkia bigloboza, les noix de balanites Egypciaka et l'algue bleue. Le Tchad fait partie des premiers producteurs de gomme arabique dans le monde. Il est exporté en moyenne 3 500 tonnes par an.  Les noix de karité sont destinées à la fabrication de l'huile de cuisine, le beurre et la crème cosmétique. De faibles quantités sont exportées à  l'état brut. L'algue bleue est collectée en bordure du Lac-Tchad et dans les Ouadis  du Kanem. Elle est consommée localement. Bien que sollicitée sur le marché  international,  elle  n'est  pas  encore  commercialisée de façon considérable. 

Les cultures industrielles
Les principales cultures industrielles sont   le coton, la canne à sucre et le tabac. Avant l’ère pétrolière, le coton constituait la véritable activité économique du pays avec environ 400 000 exploitants. Sa production est malheureusement sujette à d’importantes fluctuations. En plus, la filière connaît une crise sans précédente depuis plusieurs années suite à la crise des cours mondiaux et aux difficultés structurelles que connaît la COTONTCHAD, opérateur exclusif et lourdement endetté. La canne à sucre, deuxième culture industrielle,  est exclusivement produite par la CST (Compagnie Sucrière du Tchad) de Banda au Sud du pays. La culture du tabac occupe environ 2000 planteurs des localités suivantes : Mbaibokoum, Goré, Doba, Moundou rural et Bénoye. L’unique Manufacture de Cigarette du Tchad (MCT) en assure la transformation industrielle.

Le sous secteur Élevage

Le cheptel national est composé de bovins, ovins, caprins et camelins.  Trois grands modes d’exploitation cohabitent : le système pastoral transhumant, le système nomade et le système d’élevage sédentaire.
Compte tenu du phénomène de la sécheresse qui a commencé à partir de 1973, les éleveurs, particulièrement dans la zone sahélienne, sont en train d'évoluer dans leurs comportements. Ils manifestent une nette tendance à se sédentariser dans les zones qui s'y prêtent, en assortissant leur activité principale d'une activité secondaire notamment l'agriculture. Seul l'extrême nord du pays échappe au nouveau schéma qui sensiblement se dessine.
L'exportation de bêtes sur pied à destination des pays limitrophes reste la dominante activité du secteur. L'abattage s'effectue essentiellement à l’abattoir moderne de Farcha, répondant aux normes internationales les plus précises. Toutes les opérations nécessaires de l'abattage des bêtes au conditionnement de la viande y sont menées, réalisant un ensemble intégré qui permet l'exportation de viande fraîche. Sa capacité de production est 15 000 tonnes/an. Des abattoirs secondaires sont localisés dans la plupart des villes secondaires. De petite taille, ils sont tout juste adaptés à la consommation locale et ne peuvent exporter.

Le secteur secondaire

Le secteur secondaire au Tchad est peu développé et freiné par le coût exorbitant de l'énergie et par son enclavement. Quelques entreprises transforment les productions agricoles: la COTONTCHAD (coton, huilerie, savonnerie), la Compagnie Sucrière du Tchad (CST), les Brasseries du Tchad, la Manufacture des Cigarettes du Tchad (MCT), la  Compagnie Tchadienne de Textile, l’Abattoir Frigorifique de Farcha. D’autres industries du secteur sont la Société de Production et de Commercialisation de Tôles (SOPCOTOD), la Société Tchadienne d'Eau et d'Électricité (STEE). Sa contribution au PIB se situe à 14 % en 2003, à 10 % en 2004, à 9 % en 2005 et à 43% en 2006. En 2006, 47,9% de la valeur ajoutée du secteur était le fait de l’artisanat, 21,9% de l’industrie manufacturière, 13,6% du BTP (Bâtiments et Travaux Publics). Les évolutions récentes montrent que le secteur secondaire a représenté 8,4 % du PIB en 2009. Il s’est contracté de 4,9 % par rapport à l’année précédente. En termes d’emploi, le secteur secondaire tchadien occupe moins de 10% de la population active. Il est aussi à remarquer que l’épargne nationale pouvant satisfaire les besoins de financement des entreprises tchadiennes est très faible. Cela est dû à la faiblesse de la bancarisation observée dans l’économie nationale d’une part et à la réticence des banques commerciales à octroyer des crédits aux agents économiques d’autre part.

 

Le secteur tertiaire

Le secteur tertiaire au Tchad concerne principalement les activités de commerce, des télécommunications et des transports. Les activités dominantes dans ce secteur sont le commerce (14,6 %) et de l’administration publique (12,3 %). Sa contribution au PIB se situe à  45 % en 2003, à 36 % en 2004, à 34 % en 2005 et à 24% en 2006. Récemment, le secteur tertiaire a connu un taux de croissance de 5% en 2009, comparé aux 3,2 % de l’année précédente. Il a essentiellement été tiré vers le haut par l’essor des branches d’activités des transports et des télécommunications qui ont cru à un taux de 7,7 % en 2009 (la téléphonie mobile et le transport de voyageurs et de marchandises). Ce secteur affiche une tendance positive et absorbe plus de 20% de la population active. Le type d’emploi salarié y est dominant.
Il est important de noter que l’adoption, en juin 2003,  de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (SNRP1) approuvée par les bailleurs de fonds notamment le FMI et la Banque Mondiale en novembre 2003 fonde un nouveau cadre de politique économique dans lequel l’économie tchadienne est appelée à s’améliorer dans un horizon non lointain.  En effet, la SNRP1 s’est proposée de réduire la pauvreté de moitié (50%) d'ici 2015 tout en visant à atteindre cinq objectifs prioritaires: une bonne gouvernance, une croissance forte et soutenue, un développement du capital humain, une amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables et la protection de l'environnement. Les résultats de la mise en œuvre de cette stratégie ont été compromis par les conflits armés dont le Tchad a fait l’objet durant cette période. Néanmoins, on peut noter quelques réalisations telles que les projets de réformes de la justice et des finances publiques (introduction des budgets/Programmes, le CDMT, etc.). Au niveau du secteur social, les résultats sont plutôt mitigés. L’évaluation de cette stratégie, commencée en 2005, a aboutit à la mise en œuvre d’une deuxième génération de stratégie dénommée SNRP2 dont les objectifs principaux sont : achever ce qui a été initié dans la SNRP1, accélérer les réformes en cours et optimiser les résultats obtenus. Dans ce contexte, nombreux programmes et projets ont été mis en œuvre dans les différents secteurs de l’économie avec sans nul doute des impacts sur la croissance économique et l’emploi. L’atteinte des objectifs consignés dans la SNRP2 pourrait également améliorer le climat des affaires au Tchad (classé dernier mondial selon le rapport Doing Business 2011).

 
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