Comme dans les autres pays nouvellement indépendants, le Tchad, pays continental couvrant une superficie de 1.284.000 km2, avait au sortir de l’indépendance, une politique économique en inadéquation avec les potentialités. Les structures économiques étaient désarticulées. Une situation intérieure difficile engendrée par l’instabilité politique exacerbée par des conflits armées de 1965 à 1990 qui ont aggravé la situation socio-économique..
Depuis l’avènement du nouveau régime en Décembre 1990 et avec la dévaluation du F CFA intervenue, le 12 janvier 1994, le Tchad a pu renouer avec les Institutions de Bretton Woods en négociant avec celles-ci un accord de confirmation de 12 mois approuvé par le Fonds Monétaire International le 23 mars 1994 suivi aussitôt par la Banque Mondiale.
Ce programme Intérimaire après évaluation fut remplacé par un programme de Référence du 1er octobre 1994 au 30 juin 1995. Suite à une évaluation, ce dernier Programme a donné lieu à un nouveau Programme à moyen terme appuyé par la Facilité d’Ajustement Structurel Renforcée (FASR) de juillet 1995 au 30 juin 1999 et dont l’objectif est de stabiliser les équilibres macroéconomiques et d’accélérer la croissance. Ce programme bien exécuté malgré quelques points de faiblesses enregistrés durant les trois années de parcours et ayant imposé quelque fois des périodes complémentaires de consolidation est renforcé par un second programme appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) 2000-2003.
AU TITRE DE LA BONNE GOUVERNANCE
Le Tchad connaît une évolution notable du processus démocratique depuis décembre 1990 et cela après de longues années de dictatures. La Conférence Nationale Souveraine tenue du 15 janvier au 7 avril 1993 à N’Djamena et ayant réuni les parties politiques, les Associations de la Société civile, les corps de l’Etat, les Autorités traditionnelles et religieuses, les représentants du monde rural et les personnalités ressources, a redonné confiance au peuple et aux partenaires. Dès lors, le gouvernement s’est engagé dans la voie de la démocratisation du pays et de la lutte contre l’injustice, la corruption et les détournements afin de promouvoir une gestion saine des affaires publiques en impliquant davantage les principaux acteurs notamment la société civile.
Les recommandations de cette conférence ont permis d’entreprendre un vaste programme touchant entre autres :
* l’adoption en 1996 par voie référendaire de la nouvelle constitution ;
* l’organisation respectivement en 1996 et 1997 puis en 2001 et 2OO2 des première et deuxième élections présidentielles et législatives multipartites ;
* la création en 1995 de l’Inspection Générale des Finances ;
* la création du Haut Conseil de la Communication afin de garantir la liberté de la presse ;
* la création de la Cour Constitutionnel afin de veiller au respect de la Constitution ;
* la création de la Cour Suprême ayant en son sein la Chambre des Comptes ;
* la création d’ un Conseil Supérieur de la Magistrature ;
* l’adoption en 1999 d’une loi portant gestion des revenus pétroliers ;
* la création d’ un Collège de Contrôle et de surveillance des Revenus pétroliers( CCSRP ) ;
* l’adoption en janvier 2000 de la loi anti- corruption.
* S’agissant des marchés publics le Gouvernement a entrepris des vastes reformes dont l’objectif global est la refonte de touts les textes ainsi que l’amélioration des pratiques des passations des marchés publics en vue d’assurer la transparence dans l’attribution de marchés et de mettre en confiance les partenaires en développement.
La publication régulières des bulletins trimestriels des marchés publics et la finalisation du nouveau code des marchés en phase d’adoption constituent un des aspects importants pour le renforcement de la bonne gouvernance et la transparence.
AU TITRE DES REFORMES STRUCTURELLES
Les reformes structurelles engagées depuis les années 90 par le gouvernement dans le cadre de la libéralisation des marchés avec l’appui des partenaires en développement suit normalement son cours. Sur la cinquantaine d’entreprises identifiées :
- 14 sont liquidées : STT, SOTERAHT, BICIT, BATAL, CSPC, CS, FIPP, OMVSD, OFNAR, OPIT, OFCA, SONACOT et AIR TCHAD
- 12 entreprise restructurées : ONDR, OACVG, CAA, CNPS, CNRT, FIR, ONPT, SODELAC, LRVZ, ONAMO et CNEAPAA ;
- 15 sont privatisées : STEH, SIPT, SAPROVET, MCT, SIMAT, SOTEC, PHARMAT, STAR NATIONALE, INT, SONAPA, BIAT, LNBTP, ONHPV (STH) et BIEP (SOGEC), la BTCD (Société Générale Tchadienne de Banque), la BDT devenue CBT( Commercial Bank, of Chad), la SONASUT devenue CST (Compagnie Sucrière du Tchad) , la SNER et la DHS..
- Le reste fait l’objet des études diagnostiques en vue de leur privatisation . C’est le cas de la, COTONTCHAD, STEE, SOTEL-Tchad, STPE, Hôtel du Chari etc.
La reforme de l’Administration Publique commencée en 1995 avec l’appui de la Banque Mondiale est un long processus qui vient de franchir un pas important. Le nouveau statut de la Fonction publique a été adopté et plusieurs textes d’application sont en cours d’adoption.
Au niveau Economique :
Ces différents programmes de reformes économiques ont permis d’inscrire le PIB en volume sur un sentier de croissance passant d’un taux -7% au sortir de l’économie de récession de 1991 à 1993 et de 5,2% en 1994 (effet dévaluation) à 0,9% en 1995, 2,9% en 1996, 4,3% en 1997 (forte production cotonnière) puis 7,1% en 1998 (forte production céréalière suite à une bonne pluviométrie), soit un taux de croissance annuelle moyen de 4,18% supérieur au taux de croissance démographique de 2,5%.
Après un tassement de la croissance économique de 1999 à 2000, le PIB réel tiré par les investissements pétroliers a atteint un taux de croissance de 9 à 9,7% de 2001 a 2002. Les projections pour 2003 tablent sur une croissance économique de 11,2 %. Cette embellie économique se poursuivra en 2004 et 2005 avec un taux de croissance respectif de 42,4 et 15,3 % quand les revenus de la manne pétrolière vont commencer à tomber.
Pendant les sept dernières années les investissements financés à 80% par l’extérieur évoluent à un taux annuel moyen de 11,36%. Mais depuis 2001 les investissements pétroliers qui ont dopé la croissance du PIB dominent l’appui extérieur. Le taux d’épargne nationale amorce une tendance baissière depuis 1994 passant de 17,3% en 1994, 11,5% en 1995, 11,2% en 1996 à 4,9% en 1997 puis 5,2% en 1998, soit un taux de croissance annuelle moyen de 10,02%. Il est tombé à 4,9 % en 2001 avant de remonter à la hausse en 2002 où il s’est fixé à 9,1 % avant d’atteindre 13,2 % du PIB en 2003.
Par contre le taux d’inflation annuel, mesuré par l’indice des prix à la consommation (IPC) est maîtrisé une année après la flambée des prix issue de l’effet ajustement monétaire du FCFA en 1994 : il est passé progressivement de 42,6% en 1994 à 9,0% en 1995, 11,9% en 1996, 5,8% en 1997 puis 4,4% en 1998. Depuis lors il est à un chiffre de (3 à 5 %) excepté l’an 2001 où il a atteint 12,4 % suite à la mauvaise campagne agricole.
Au niveau du secteur extérieur, les exportations en volume ont connu un boom en 1994 avant de connaître une régression adoucie et forte en fonction de l’aléa climatique et du cours mondiale de la monoculture de rente. C’est ainsi que d’une amélioration des termes de l’échange de 15% en 1994, l’on a observé une détérioration successive de –1,3% en 1995, -13,6% en 1996, -2,6% en 1997 puis –12,9% en 1998. Mais cette détérioration des termes de l’échanges due à un volume aussi important des importations est compensée par un solde positif des transferts des capitaux de l’extérieur permettant ainsi de dégager une balance de paiements excédentaire passant de 3,6 milliards de FCFA en 1994 à 36,8 milliards de FCFA en 1995 puis 20,7 milliards de FCFA en 1996 avant de redevenir déficitaire les deux dernières années (-57,7 milliards en 1997 et –95,9 milliards en 1998) selon les indicateurs économiques de la Direction de la Statistique( voir les indicateurs économiques ci-joints.
AU TITRE DES FINANCES PUBLIQUES
L’objectif de trains de mesures prises dans le cadre du programme par le Gouvernement était d’améliorer le niveau de recettes en élevant le ratio recettes sur PIB et en maîtrisant l’évolution des dépenses.
Au titre de recettes, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’appui matériel et financier des bailleurs de fonds pour la lutte contre la fraude a permis aux recettes de l’Etat de passer de 31,9 milliards en 1994 à 77,3 milliards en 1998 et 110 milliards de F CFA en 2002. Ainsi le déficit primaire de l’Administration qui équivalait à 6% du PIB en 1994 est transformé en un excédent de 1,39% du PIB en 1998 avant de se dégrader en 2001/2002 en raison de dépenses pour la réduction de la pauvreté.
Au titre des dépenses, le dégraissage de plus de 14000 agents de la fonction publique, le gel du recrutement et son redéploiement au profit des secteurs prioritaires (notamment l’Education, la Santé et les Affaires Sociales), le gel du glissement technique (les avancements) et la compression de certaines dépenses de fonctionnement ont permis de maîtriser progressivement les dépenses primaires courantes.
LA SITUATION MONETAIRE
La situation monétaire du Tchad s’est dégradée à l’avènement de l’Euro : c’est ainsi que les avoirs extérieurs, le crédit intérieur et la masse monétaire de 1998 sont respectivement en retrait par rapport à 1997 passant de :
- 46,658 milliards à 41,907 milliards au titre des avoirs extérieurs nets ;
- 98,302 milliards à 96,579 milliards au titre du crédit intérieur ;
- 107,522 milliards à 102,754 milliards au titre de la masse monétaire.
La situation monétaire de la République du Tchad à la fin de l’année 2002 est en nette amélioration. Les avoirs extérieurs nets ont plus que triplé, la masse monétaire a progressé de 23,8 % tandis que le crédit intérieur a diminué de 3,8 % . Cette évolution des agrégats monétaires traduit l’expansion de l’économie influencée principalement par l’afflux des capitaux extérieurs dans le cadre du projet de mise en exploitation du gisement pétrolier de Doba et du programme de réduction de la pauvreté conclu avec le FMI.
Avoirs Extérieurs Nets
Les avoirs extérieurs nets se sont établis à 79,1 milliards au 31 Décembre 2002 contre 25,9 milliards un an plus tôt. Cette évolution résulte de l’amélioration des réserves internationales de la BEAC, de l’augmentation de la position extérieure créditrice des banques commerciales grâce aux appels de fonds des entreprises engagées dans le projet pétrolier de Doba et du déblocage des fonds par les partenaires au développement du Tchad dans le cadre de la FRPC.
Avoirs Intérieurs Nets
Le crédit intérieur a diminué de 3,8 % pour se situer à 151,5 milliards contre 157,6 milliards un an auparavant. Cette contraction est imputable à la baisse des créances nettes sur l’Etat (-7 %) imputable essentiellement à la hausse des dépôts publics auprès des banques commerciales consécutive aux tirages effectués sur les concours extérieurs en appui au programme d’ajustement. Pour leur part, les crédits à l’économie sont stagnants (-0,8 %) en raison du recul de 4,1 % des crédits à court terme entraîné par les remboursements, effectués au titre de la campagne cotonnière précédente.
La Masse Monétaire
19. La masse monétaire s’est élevée à 188,2 milliards à fin Décembre 2002, soit une croissance annuelle de 23,8 %, rythme ralenti par rapport à fin Septembre 2002 (35,5 %), en liaison avec le freinage de la distribution des crédits.
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